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Burkina Faso : 4 catéchistes assassinés  


Le 13 mai 2019, des terroristes ont attaqué un groupe de fidèles catholiques à Singa, près de Zimtenga, au Burkina Faso, alors qu’ils revenaient d’une procession en l’honneur de la Vierge Marie.

Ils ont distingué quatre personnes du groupe. Au moins trois, semble-t-il, n’ont pas été choisies au hasard : il s’agissait de membres laïcs éminents. L’un d’eux avait été président de la communauté catholique locale, pendant de nombreuses années, et les deux autres étaient catéchistes. Il était clair que les assaillants visaient délibérément les dirigeants de la communauté. 

Les terroristes ont permis aux enfants du groupe de s’échapper, mais ils ont assassiné les quatre adultes et brisé la statue de la Vierge Marie.

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Action de l'AED : Les catéchistes sont des piliers dans le travail pastoral de l’église locale, au Burkina Faso. Depuis 2018, il y a des attaques systématiques contre les chrétiens, dans la région du Sahel. Beaucoup d’entre eux sont des témoins héroïques de la foi au sein de leurs communautés. En 2018, le diocèse de Dori a fait appel à l’AED pour obtenir de l’aide au nom de neuf couples, tous catéchistes, qui avaient été contraints de fuir leur ville natale car il était devenu trop dangereux de rester. À un niveau plus large, l’AED a également soutenu la formation de 1605 catéchistes en Afrique.

Montée du terrorisme


Alors que le Burkina a longtemps été un pays en paix, après une lente dégradation par le nord, frontalier avec le Mali et le Niger, les attaques terroristes se multiplient et deviennent presque quotidiennes : destructions, enlèvements, assassinats… 


Attaques en série

Depuis 2015, les attentats au Burkina ont fait près de 750 morts, selon un décompte de l’AFP, et environ 600 000 déplacés et réfugiés, d’après l’ONU. En janvier 2020, 2100 écoles étaient fermées. Le Nord et l’Est du pays sont particulièrement touchés et Ouagadougou, la capitale, a été frappée à plusieurs reprises. Ces attaques sont rarement revendiquées mais attribuées à des groupes armés djihadistes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres au groupe État islamique. Le pays est touché par l’expansion des attaques djihadistes qui s’étendent à tout le Sahel. L’ONU calcule que ces actions ont coûté la vie à 4000 personnes en 2019. 


Toutes les religions sont touchées

« Au début de la crise, en 2015, seuls les symboles de l’État étaient visés par les terroristes (armée, police, douanes) explique le Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou, en janvier 2020. Puis ils ont voulu nous embourber dans des violences intercommunautaires, en s’en prenant à des communautés religieuses dans le nord du pays, notamment des prêtres. » Le père Laurent, curé de Kongoussi (province de Bam, centre nord), a perdu au moins 25 paroissiens dans les attaques de 2019, et parle de la « psychose » causée par les terroristes. Mais si les chrétiens (25 % de la population) ont été particulièrement ciblés, les autres religions – islam et religions traditionnelles – ont aussi eu leur lot de victimes. 


L’enjeu des élections

Dans ce climat d’insécurité, le Burkina Faso doit tenir des élections couplées, présidentielle et législative, en 2020 avec un triple enjeu : la soutenabilité financière, la justesse du fichier électoral (actuellement 5 millions d’électeurs sur 10 millions de Burkinabés de plus de 18 ans) et le vote de la diaspora. 

Source : Dossier de presse de La Nuit des Témoins, de l'AED