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Irak : Père Wasim Sabih et Père Thaier Saad Abdal  



Au cours de la messe dominicale du 31 octobre 2010, les pères Wassim Sabih et Thaier Saad Abdal, respectivement âgés de 27 et 32 ans, ont été assassinés lors d’une attaque terroriste islamiste, perpétrée au cœur de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad, capitale irakienne.

Les cinq terroristes ont également tiré sur l’assemblée, tuant un certain nombre de ses membres et criant « Allahu Akbar ! », avant de se donner la mort avec des ceintures d’explosifs. Par leurs actes de violence, ils ont manifesté leur haine de la foi chrétienne. Outre les deux prêtres, 46 fidèles catholiques présents ont ainsi été tués. Et une soixantaine de blessés dont une vingtaine décèdera par la suite.

Les derniers mots du père Thaier furent : « Tuez-moi si vous voulez, mais laissez les fidèles en paix ! » ●

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Action de l'AED : De nombreux chrétiens irakiens ont quitté leur pays, suite aux nombreuses persécutions des dernières années. Dans le même temps, de nombreuses familles attendent toujours de pouvoir rebâtir leurs communautés. Depuis l’expulsion des terroristes hors de la Plaine de Ninive, l’AED a été très impliquée dans ce travail de réimplantation et, aujourd’hui, près de 14 723 maisons ont pu être reconstruites. Nous soutenons également des projets tels que la rénovation de la crèche pour enfants et de l’école primaire de Notre-Dame de Mossoul qui a également été partiellement détruite. Ce soutien encourage ainsi les chrétiens d’Irak à retourner dans leurs anciennes maisons et maintenir la foi chrétienne vivante dans le pays.

L’Irak, dans une situation encore difficile


« Depuis mai 2017 où les chrétiens ont pu rentrer chez eux, il n’y a toujours pas de travail. Dans la plupart des villages, le taux de chômage est supérieur à 70%. Il n’y a pas d’investissements privés car la région n’inspire pas confiance en raison de la poursuite du conflit et de la corruption. Quant aux emplois offerts par le gouvernement, ils n’offrent pas non plus de sécurité de rémunération. […] En septembre dernier, le Cardinal Parolin a appelé les ONG, lors de son discours à l’ONU, à fournir davantage d’aide », explique Mgr Bashar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil. 

Dans ce contexte, il témoigne des efforts de l’Église en faveur de la paix : « Nous sommes un peuple courageux et rempli d’espérance. Depuis la défaite du groupe État islamique en mai 2017 par les forces de la coalition, notre archidiocèse a travaillé avec les dirigeants d’autres Églises, des organisations chrétiennes et humanitaires, des gouvernements et des ONG pour aider à rebâtir nos communautés fracturées, à Mossoul et dans la plaine de Ninive. […] Les tensions actuelles menacent des communautés très fragiles qui sont fatiguées de la guerre et de ses conséquences tragiques. Elles ont déjà beaucoup trop souffert et ne peuvent plus faire face à un avenir incertain. Elles ont besoin de certitude, de réconfort, d’espérance, et de croire que l’Irak peut être un pays pacifique plutôt que d’être victime et subir des dommages collatéraux sans fin. En tant que dirigeants d’Église, nous suivrons toujours la voie tracée par Dieu en cherchant la paix, la réconciliation, le dialogue, et non le conflit. […] Nous demandons à la communauté internationale d’agir de toute urgence pour user de son influence afin d’apaiser les tensions. Notre prière est pour la paix et pour que le dialogue aboutisse à une solution juste et pacifique. » 

Interview réalisée par l'AED en janvier 2020