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République centrafricaine : Mgr Firmin Gbagoua 


Le 29 juin 2018, le vicaire général du diocèse de Bambari, Firmin Gbagoua, a été tué alors qu’il s’apprêtait à dîner avec un groupe d’autres prêtres. Il a été abattu à bout portant par un groupe d’assassins qui ont attaqué la maison de l’archevêque local, dans la région centrale de la République centrafricaine.

Le groupe de tueurs a réussi à entrer dans la maison de l’évêque alors qu’un contingent gabonais de la MINUSCA (la mission de l’ONU en Centrafrique) était stationné à quelques centaines de mètres de là. 

« Les hommes armés non identifiés sont venus lui demander de l’argent. Voyant le malheur venir, ceux qui étaient avec lui se sont cachés. Le vicaire a invité les assaillants à venir dans sa chambre », relate l’abbé Rawago, curé de la paroisse Notre Dame des Victoires à Bambari qui cite les témoins cachés. « Ils sont entrés et ont commencé à discuter. Nombreux ont voulu prendre ce qu’ils voulaient et exigé plus d’argent. Le vicaire a commencé à leur dire : je ne suis qu’un homme de Dieu, je ne suis pas un commerçant. Juste après, ceux qui étaient cachés ont entendu un coup de feu et le vicaire est tombé. On l’a transporté à l’hôpital et mort s’en est suivie », a conclu Jonas Urbain Rawago. 

Mgr Firmin a été un personnage clé dans tous les efforts de médiation visant à préserver la paix à Bambari.

Selon Mgr Nestor Désiré Nongo-Aziagbia, vice-président des évêques de Centrafrique, il s’agit clairement d’un assassinat ciblé envers ceux qui dénoncent les groupes armés. Mgr Firmin était «l’un des acteurs de la recherche du dialogue entre les communautés impliquées dans les violences.» 

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Action de l'AED : L’Aide à l’Église en Détresse a contribué au financement du centre catéchétique de Grimari, à Bambari, à la suite d’actes de vandalisme. Le centre est destiné à la formation de catéchistes, dont le travail a été interrompu au cours des cinq dernières années, en raison de la guerre dans le pays, lequel est maintenant largement sous le contrôle de groupes islamistes radicaux.

Deux jeunes, chrétien et musulman, avec un but, la paix !


Le 25 mars 2019, Fabrice Dekoua, et Ibrahim Abdouraman, deux jeunes centrafricains, l’un chrétien et l’autre musulman, ont réussi à faire signer un accord de non-agression aux jeunes des quartiers Yiakité et Castors à Bangui, dans le troisième arrondissement.

Le 25 mars, un pas important a été franchi entre les populations chrétiennes et musulmanes des quartiers Castors et Yakité. Sous l’impulsion de Fabrice Dekoua 25 ans, un chrétien, et d’Ibrahim Abdourahman, 24 ans, un musulman, les jeunes de ces deux quartiers situés dans le troisième arrondissement de Bangui, ainsi que plusieurs adultes, ont signé un accord de bon voisinage. Ils s’engageaient ainsi à la paix et à la tolérance réciproque. 

En 2018, l’attaque de la paroisse Notre-Dame-de -Fatima, le 1er mai, pendant laquelle le groupe armé musulman « Force » avait tué au moins 16 chrétiens dont le curé, le père Albert Toungoumale Baba, avait plongé les communautés chrétiennes de Castors et musulmanes de Yakité dans un cycle de violence et de représailles. Les jeunes avaient alors pris les armes pour « défendre leur communauté ». Les actions de réconciliation lancées par le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, peinaient à se faire accepter par les populations meurtries. 

« Nous nous sommes dit qu’il fallait faire quelque chose pour arrêter les affrontements entre communautés chrétiennes et musulmanes » explique Fabrice. « C’était un choc de voir des jeunes avec qui nous avions fait les bancs, être tués, amputés ou incarcérés, ajoute Ibrahim. Nous ne pouvions pas croiser les bras sans rien tenter. » Pour réussir le tour de force de faire signer un accord durable, il a fallu de la patience et de la persévérance aux deux jeunes centrafricains. « Nous avons dû taper à toutes les portes : impliquer les autorités religieuses, la mission onusienne en Centrafrique. Cela a pris plus d’un an », illustre Fabrice. À eux seuls, les deux jeunes ont réussi à faire bouger les lignes en Centrafrique, pays miné par un conflit armé depuis 2013 et dans lequel la religion a beaucoup été instrumentalisée, poussant des populations à s’entretuer. 

L’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga qui a été à l’origine de leur rencontre et a soutenu leur projet est optimiste quant au respect de ce pacte. 

Source : La Croix (avril 2019)