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Turquie : Monseigneur Luigi Padovese  



Le 3 juin 2010, l’évêque italien Mgr Luigi Padovese, âgé de 63 ans, président de la Conférence épiscopale turque et évêque catholique d’Anatolie en Turquie, a été assassiné par son propre chauffeur, dans sa résidence d’été, à Iskenderun, à proximité du site de l’antique Antioche biblique. 

Le gouvernement turc l’avait précédemment averti que le chauffeur, qu’ils lui avaient eux-mêmes affecté quatre ans plus tôt, avait embrassé la « cause fondamentaliste ». Mgr Padovese avait donc annulé des billets d’avion pour Chypre, où il devait assister à la visite du Pape, « craignant que son chauffeur ne profite de cette occasion pour attenter à la vie du pape. » C’est alors qu’il a été lui-même assassiné.

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Action de l'AED : En Turquie, la communauté chrétienne a considérablement diminué, depuis les persécutions qui ont eu lieu au début du XXe siècle. Néanmoins, un petit nombre de fidèles catholiques conserve la foi, pratiquant dans des églises datant parfois de l’époque apostolique. Ces dernières années, l’AED est venue en aide à ces communautés chrétiennes turques, en soutenant la restauration d’un bâtiment monastique et de deux églises, et en fournissant une aide financière aux chrétiens réfugiés dans le pays.

Turquie : « Les chrétiens perdent tous leurs biens »


La minorité chrétienne en Turquie subit à nouveau des pressions. Durant la première moitié du mois de janvier, le père Sefer Aho Bileçen, un abbé syriaque orthodoxe, et deux autres fidèles chrétiens ont été arrêtés dans le Tur Abdin, un massif montagneux au sud-est de la Turquie. Quelques jours plus tard, les prisonniers ont été libérés, mais d’autres chrétiens ont alors été arrêtés. « Dans leur propre pays, les chrétiens sentent qu’ils ne sont pas les bienvenus et on ne cesse de les harceler. […] Il y a une cinquantaine d’années, il paraît qu’il y avait encore environ 50 000 chrétiens dans cette région. Lorsque je m’y suis rendu dernièrement, il n’était plus question que de 2 500 chrétiens », explique le père Slawomir Dadas, président de l’Initiative de l’Orient chrétien, en Autriche. 

Dans le Tur Abdin, considéré comme un ancien haut lieu chrétien, le gouvernement a pratiquement abandonné la population. L’aide n’y parvient qu’à travers les dons provenant d’organisations ou de personnes ayant émigré. Mais les musulmans reprennent les habitations des chrétiens vivant à l’étranger. Le père poursuit : « Les gens ont l’impression qu’on les « exproprie », car il n’existe aucune base juridique justifiant cette façon d’agir. Ils perdent tout ce qu’ils ont pu acquérir par leur travail au fil de l’histoire. »

Interview réalisée par l'AED en février 2020