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Chine : Mgr Stefano Li Side  



Mgr Stefano Li Side, évêque de Tianjin, en République populaire de Chine, est décédé le 8 juin 2019 à l’âge de 92 ans, alors qu’il était toujours en résidence surveillée. 

Mgr Stefano Li Side est toujours resté fidèle au Saint-Siège, et c’est cette fidélité qui a conduit à son arrestation, à plusieurs reprises. Il vécut 21 ans en prison et fut même condamné à des travaux forcés à cause de sa foi. Il passa les 27 dernières années de sa vie en exil, dans un village isolé, sans permission de quitter sa résidence. 

Les autorités communistes chinoises ne lui permirent pas de funérailles publiques ni d’enterrement dans un cimetière catholique. 

« Le prélat a défendu les principes de l’Église catholique de manière constante et a témoigné de l’Évangile du Christ, restant héroïquement en communion avec le successeur de Pierre… Homme de prière, entièrement dédié au service de Dieu, Mgr Li Side a vécu dans la pauvreté et dans une profonde humilité. Il a toujours exhorté les fidèles à respecter les lois du pays et à aider les pauvres. Même dans les vicissitudes douloureuses de différentes sortes qui ont marqué sa longue vie, il ne s’est jamais plaint, acceptant tout comme la volonté du Seigneur », écrivit le Saint-Siège.  

  Faire un don pour le Carême 

Action de l'AED : Comme le déclarait le pape Benoît XVI, « L’Église en Chine, en ce moment, a particulièrement besoin des prières de l’Eglise universelle. J’invite tout d’abord tous les catholiques chinois à poursuivre et à intensifier leurs prières, surtout à Marie, la puissante Vierge. Mais il faut aussi que tous les catholiques du monde entier s’engagent à prier pour l’Église en Chine. Ces fidèles catholiques ont droit à nos prières, ils ont besoin de nos prières. »

Les chrétiens sous haute pression


Le renforcement des pouvoirs du président Xi Jinping pèse sur l’ensemble de la société chinoise et plus particulièrement sur les « groupes religieux ».

L’ensemble de la société chinoise n’a pas gagné en liberté depuis que Xi Jinping, secrétaire général du Parti communiste, a fait modifier la Constitution de la République populaire de Chine (en mars 2018) pour pouvoir rester président sans limite de mandat. La surveillance des citoyens par des moyens numériques de plus en plus sophistiqués, telle la reconnaissance faciale, s’accompagne d’une attention resserrée sur les communautés religieuses. 


La « sinisation » des religions

Un document intitulé « Mesures pour l’administration des groupes religieux », publié le 28 août 2019 par l’Administration d’État pour les Affaires religieuses (SARA), précise que les groupes religieux doivent « suivre la direction du Parti communiste de Chine », « poursuivre la sinisation des religions […] et pratiquer les valeurs socialistes fondamentales ». 

Toutes les religions sont visées mais surtout les catholiques, à cause de la défiance qu’ont toujours inspirée aux autorités communistes l’autorité spirituelle du Saint-Siège et le statut d’Etat du Vatican. Ainsi, le Front Uni (organe du Parti), le ministère des Affaires religieuses et l’Association patriotique ne cessent d’intervenir dans la vie quotidienne des communautés chrétiennes. Quelques exemples, les noms « Dieu », « Bible » ou « Christ » ont été effacés de manuels scolaires d’école primaire. Même dans les universités, certains enseignants confisquent les classiques contenant des mots religieux. Ainsi « Dieu », « Bible », « Christ » – ont été retirés d’extraits de Hans Christian Andersen, Tolstoï ou encore Victor Hugo. Les autorités communistes enjoignent aussi aux responsables religieux de « réécrire » les textes sacrés, tels la Bible, le Coran et les sutras bouddhistes, pour les rendre compatibles avec les préceptes du Parti. 


Pas d’amélioration notoire  

L’accord « provisoire » sur la nomination des évêques, passé entre le Saint-Siège et la Chine en septembre 2018, ne semble pas avoir eu d’effet positif sur la vie des catholiques chinois à ce jour. Dans certaines régions, comme le Zhejiang ou le Henan, des églises sont détruites, des croix abattues, des terrains sont saisis, l’accès aux églises est interdit aux enfants, et des prêtres ont dû fournir la liste de leurs fidèles aux autorités … N’a-t-on pas vu un portrait de Xi Jinping remplacer une représentation de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus dans une église catholique à Ji’an, dans la province du Jiangxi ?

Source : Bulletin de l'AED – mars 2020