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Cameroun : Père Cosmas Omboto Ondari  



Le père Cosmas Omboto Ondari, âgé de 30 ans et d’origine kenyane, appartenait à la Société des Missionnaires de Saint-Joseph (Missionnaires de Mill Hill). Il a été assassiné dans la soirée du 21 novembre 2018 à Kembong, à quelques kilomètres de Mamfe, la capitale de la division Manyu de la région du Sud-Ouest au Cameroun.

Il a été frappé à plusieurs reprises par des balles tirées par une patrouille de soldats des forces de sécurité, alors qu’il se tenait à la porte de son église, Saint-Martin de Tours, où il était prêtre assistant. 

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Action de l'AED : Lorsque des combats ont éclaté au Cameroun entre les troupes gouvernementales et les groupes séparatistes dans les anciennes régions anglophones de l’ouest du pays, de nombreuses personnes ont été forcées de fuir leurs maisons. Le diocèse de Kembong a été particulièrement touché par les violences. Il a lancé un appel à l’AED pour l’aider à faire face à la crise des réfugiés dans le pays, aux niveaux matériel, avec de la nourriture ou des médicaments, et moral par un soutien psychologique des populations.

Boko Haram : la bête de l'apocalypse


Ce lundi 23 mars 2020, Boko Haram a lancé une attaque d'une très grande envergure, tuant près de 100 militaires tchadiens à Boma, dans la province du Lac. Cette attaque affaiblit l'armée tchadienne dans cette région frontalière du Tchad, du Nigeria, du Niger et du Cameroun ; cette étendue d'eau marécageuse est parsemée d'îles dont certaines sont devenues le repaire des membres du groupe djihadiste qui profitent, entre autres, d'un terrain qui les avantage et multiplient les attaques ces derniers mois.


« Boko Haram est comme la bête de l'Apocalypse qui, même si on lui coupe la tête, semble en avoir une autre qui repousse », dit Mgr Bruno Ateba, évêque du diocèse de Maroua-Mokolo, dans le nord du Cameroun, lors d'un entretien avec l’AED. Le gouvernement nigérian avait annoncé que le groupe terroriste – né au Nigeria en 2002 et radicalisé en 2009 – avait été vaincu fin 2015. Cependant, selon les informations recueillies par la Fondation AED, tout semble indiquer que son territoire d'action se soit simplement recentré sur les zones rurales du Nigeria, et étendu aux zones frontalières du Cameroun et du lac Tchad. « Dans les villages de l’État de Borno, au Nigéria, et dans toute la zone frontalière du Cameroun, il ne se passe pas un jour sans que soient annoncées des attaques et incursions de terroristes. Les enlèvements et les exécutions de paysans ont instauré un règne de peur et de psychose au sein de la population », explique Mgr Ateba. 

Destructions, pillages, vols et enlèvements sont les signes du passage des terroristes. Selon les autorités militaires nigérianes, le groupe djihadiste islamique aurait perdu son pouvoir et se serait divisé en groupes criminels organisés. Le lieutenant-général Tukur Yusufu Buratai, chef d'état-major de l'armée nigériane, signalait en septembre 2019 : « Les membres de ces groupes ont un mode de fonctionnement purement criminel, dans le but d'en tirer des gains personnels. Il est de notoriété publique que ces criminels ne prétendent plus défendre une autre cause que la recherche de biens matériels, ce qui se manifeste par des meurtres et la terreur infligée à d’infortunées populations. » Il a également encouragé les Nigérians à ne pas « glorifier ces criminels, en ne les appelant pas par un autre nom que celui de criminels, violeurs, kidnappeurs, voleurs armés ou assassins. »

Il est vrai que, selon les données du Nigeria Security Tracker, si plus de 36 000 personnes sont mortes du conflit depuis 2012 (en prenant en compte les civils, les forces armées et les terroristes), le nombre de victimes a fortement diminué par rapport aux chiffres épouvantables atteint en 2014 et 2015, selon la même source. 

Ce résultat positif est dû en partie au travail de forces militaires multinationales, incluant les armées du Nigeria, du Cameroun, du Niger et du Tchad. Cependant, bien que les forces armées aient efficacement évité les attaques conventionnelles de Boko Haram ces dernières années, elles n'ont pas réussi à éradiquer le mouvement et une nouvelle génération de militants semble menacer à nouveau. « La pauvreté et l'insécurité dans les zones rurales, ainsi que le manque de perspectives pour les jeunes en font des cibles faciles à manipuler pour les djihadistes », confirme Mgr Ateba. « Au moment où l'on croyait que la bête Boko Haram avait été complètement décapitée, l'horreur a refait surface dans le nord du Cameroun », explique l'évêque.  

Interview réalisée par l'AED en janvier 2020