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Mexique : plus de 26 prêtres ont été assassinés  



De 2012 à 2018, pas moins de 26 prêtres ont été assassinés dans le pays, mais il y a également eu des enlèvements, des attaques violentes contre des églises et des attentats à la bombe. 

Ceux qui assassinent des prêtres envoient souvent un message pour dire que s’ils peuvent tuer un membre du clergé, alors ils peuvent tuer n’importe qui. De cette façon, ils réussissent à déstabiliser la communauté et à créer un climat de peur qui permet aux cartels de la drogue et aux patrons de la criminalité de faire plus ou moins ce qu’ils veulent. Souvent, ces prêtres sont les seuls à avoir le courage de parler au nom de leurs victimes et de dénoncer la corruption. Ils savent qu’ils sont en danger, mais c’est leur vocation évangélique. 

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Action de l'AED : Le Mexique est devenu l’un des pays les plus dangereux pour les prêtres catholiques, qui sont confrontés à des agressions fréquentes et à un nombre sans cesse croissant d’enlèvements et homicides commis par le crime organisé. En 2018, l’AED a aidé 97 prêtres au Mexique avec des offrandes de messe.

L’Église contre les cartels de drogue


« Mon témoignage est la voix de millions de Mexicains qui n’ont pas de voix. Des millions de frères et de sœurs qui souffrent d’énormes injustices, de persécution et de faim. Et tout spécialement, c’est le témoignage de la violence et de l’insécurité dans laquelle nous vivons quotidiennement » témoignait Mgr Ramon Castro Castro, l’évêque de Cuarnavaca au sud de Mexico. Invité par l’Aide à l’Église en Détresse, pour la dixième Nuit des témoins en 2018, il dénonçait un gouvernement mexicain complice des narcotrafiquants. 

« Selon les statistiques officielles, Morelos a été placé dans les dix premiers états de la catégorie ‘crimes de haut niveau’. Je dois souligner le fait que ces statistiques sont celles qui sont ‘officiellement’ publiées. Cependant, nous avons ce qui s’appelle la CIFRA NEGRA, c’est-à-dire, tous les crimes qui ne sont PAS PUBLIES. Selon les investigations officielles, 80% des crimes ne sont jamais déclarés aux autorités par méfiance et peur de la police elle-même et à cause de la corruption dans les cours de justice (les juges et la police sont parmi les plus corrompus). En réalité seuls 3% des plaintes vont aboutir à un procès. Cette CIFRA NEGRA et la corruption incontrôlée témoignent d’une impunité causant beaucoup d’injustice. Nous sommes le pays avec le plus grand nombre de journalistes et de prêtres assassinés. Un total de 55 prêtres et sœurs sont morts depuis 1990. » 

Interviewé par Aleteia, Mgr Ramon Castro Castro poursuit : « L’Église est en première ligne contre la drogue et les narcotrafiquants ! Nous avons une attitude parfaitement claire à son égard. Les évêques ont toujours dit la vérité à leur sujet, par tous les moyens possibles. Les documents de la Conférence épiscopale mexicaine, comme par exemple "Cristo nuestra Paz para que Mexico tenga vida digna" (La paix du Christ pour une vie décente au Mexique), analysent les raisons de la situation actuelle et les condamnent violemment. Le gouvernement est incapable de contrôler les narcotrafiquants parce qu’une bonne part des membres du gouvernement en font partie ! L’impunité et l’absence d’État de droit sont les causes principales de la situation actuelle du Mexique. […] 

Par le nombre, le Mexique demeure un pays chrétien. 72% des Mexicains sont catholiques. Malheureusement, seulement 20% d’entre eux pratiquent leur religion. Notre foi ne transparaît donc pas clairement dans notre société. Il y a des États où la pratique religieuse connaît une recrudescence, comme l’Aguascalientes ou le Guanajuato. Mais dans d’autres, comme le Chiapas, le Tabasco ou Quintana Roo, la pratique religieuse baisse. […] 

La jeunesse mexicaine a malheureusement l’air d’oublier l’épopée victorieuse des Cristeros, la plupart d’entre eux ne savent plus que cela signifie quoi que ce soit. Entre 1926 et 1929, nos aînés se sont pourtant battus avec un grand courage, contre un laïcisme maçonnique violent qui voulait faire disparaître la religion catholique, et ils ont obtenu que les églises soient rouvertes. Mais si l’histoire est pour bonne partie oubliée, elle continue à forger le présent. C’est elle qui explique que les relations entre gouvernement et Église soient aussi conflictuelles. La franc-maçonnerie continue à avoir une très forte influence au sein de notre gouvernement. […] 

Nous nous en remettons à la prière pour parvenir à la paix et à la justice dont nous avons besoin. »