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Mozambique : Père Landry Ibil Ikwel  


Le 19 mai 2019, le père Landry, religieux congolais âgé de 34 ans, a été assassiné dans la ville de Beira, au Mozambique. Membre de la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, il était également directeur de l’Institut pour les aveugles de Beira, dans la région centrale du Mozambique. 

Le soir du 19 mai, un groupe d’individus s’était présenté à la maison de la Congrégation. Ils ont affirmé qu’ils voulaient exprimer leurs condoléances pour la mort récente de l’un des autres prêtres de la communauté. Seul à la maison, le père Landry leur a ouvert la porte : ils se sont alors emparés de lui, lui versant de l’acide dans la gorge et le lacérant avec une machette. Laissé pour mort, le père Landry a réussi à contacter l’un de ses confrères, qui l’a emmené à l’hôpital. Il y est décédé quelques heures plus tard.

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Action de l'AED : En plus de la pauvreté et de la violence qui ont frappé plusieurs régions du pays, le Mozambique a également subi deux cyclones violents, Idai en mars et Kenneth en avril 2019. Une grande partie du soutien apporté par l’AED au cours de l’année a pris la forme d’une aide d’urgence, à la suite de ces deux catastrophes naturelles. Notre Œuvre a également appuyé plusieurs autres projets, comme un soutien pour que les Religieuses de la Sainte-Famille d’Helmet, qui appartiennent également au diocèse de Beira, puissent vivre et poursuivre leur apostolat. Elles dirigent un pensionnat, donnent des cours catéchétiques aux enfants et aux jeunes et se sont accrochées héroïquement, aidant leur communauté locale après le passage des deux cyclones.

Demandons dans la prière la paix pour le nord du Mozambique


Le nord du Mozambique, en particulier la province de Cabo Delgado, est depuis plusieurs mois le théâtre de violentes attaques menées par de prétendus intégristes islamiques locaux. Des groupes armés investissent subitement des villages isolés, tuent, détruisent et violent les femmes. Entre le 5 octobre 2017 et le 27 octobre 2019, date d’un des épisodes de violences les plus récents, on recense en tout 172 attaques, des centaines de victimes et des milliers de personnes déplacées. 

« Notre temps semble être le temps des épées [cf. Luc 22, 35-38]. C’est pour cette raison que nous prions pour la paix et que nous n’oublions pas les pays qui souffrent de la guerre et de la violence. C’est pour cette raison que nous prêchons la paix. L’épée de l’amour et non celle de la guerre. Nous sentons que la paix dont jouissent nos pays est une responsabilité envers ceux qui n’ont pas la paix. […] 

En priant pour de nombreux pays, nous voudrions attirer l’attention sur un pays qui nous est très cher, le Mozambique, où plusieurs attentats terroristes – vraisemblablement d’origine islamiste – ont été perpétrés récemment dans le nord de l’île. Tout se déroule de façon mystérieuse : d’où viennent-ils ? Que veulent-ils ? Pourquoi et pour qui le font-ils ? Mais nous savons bien, quant à nous, ce qu’ils laissent derrière eux : de nombreux morts et la destruction de pauvres villages sans défense. Je voudrais parler en particulier d’un village, Mbau, dans la région du Cap Delgado, dans le nord. Il y a eu là-bas une attaque en septembre qui a tué plus de dix personnes. […] Beaucoup d’habitants se sont réfugiés dans les campagnes sans rien. Un mois plus tard, il y a eu une autre attaque. Désormais, les terroristes sévissent en terrorisant les personnes en fuite. 

Les morts des périphéries comptent peu au Mozambique. Alors figurons-nous comme il en va dans le monde ! Mais pour nous, il ne peut en être ainsi. Notre réalité est ceci : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12, 26-27). […] 

Pour cela, sortons de la primauté du moi, de l’horizon devenu étroit à force d’égocentrisme : ouvrons grand notre cœur à celui du monde des périphéries. Ouvrons grand notre cœur et nous respirerons ! Mbau est au centre, sous le regard de ce Dieu qui n’oublie pas. Demandons la paix dans la prière. Travaillons pour la paix dans le monde. Puisse le Mozambique trouver la paix ! Puissent ceux qui ont été enlevés rentrer chez eux ! Puissent les pauvres et les périphéries du monde vivre en sécurité ! Que Dieu bouleverse les chemins des violents et des terroristes et les transforme en chemins de paix ! »  

Source : Andrea Riccardi, sur le site Sant’Egidio (novembre 2019)