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Syrie : Père Frans van der Lugt  



Dans la matinée du 7 avril 2014, deux hommes masqués ont fait irruption dans le monastère des Jésuites à Homs et ont assassiné le père Frans de deux balles à la tête. Il avait 75 ans. 

Bien qu’une grande partie de la communauté internationale ait été évacuée de la ville, le père Frans a décidé de rester parmi les personnes avec lesquelles il partageait sa vie depuis 50 ans. Il voulait continuer à les aider dans toutes les difficultés quotidiennes auxquelles ils étaient confrontés, notamment la grave pénurie de nourriture. On se souviendra toujours de lui pour sa solidarité et son soutien à tous ceux qui ont frappé à sa porte, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.  

  Faire un don pour le Carême 

Action de l'AED : La Syrie est encore loin de s’être remise de la récente guerre. En effet, la paix n’est toujours pas arrivée dans le nord du pays. Et l’embargo international sur la Syrie complique la situation, notamment pour fournir l’aide d’urgence pour la population. L’AED soutient des centaines de familles chrétiennes à travers différents projets. Par exemple, à Alep où il y a de graves pénuries, vos dons permettent d’aider 5550 familles avec une aide alimentaire mensuelle.

« La Syrie vit un carême anticipé »


La situation économique en Syrie s’aggrave. « Cette crise jamais vue, même pendant les années de guerre, plonge nos fidèles dans un temps de jeûne et de carême anticipé. Assurer le pain quotidien devient le cauchemar de chaque jour », écrit Mgr Samir Nassar, archevêque maronite de Damas, dans un message adressé à l’AED. 

En raison de la crise économique, qui résulte à la fois de l’état de guerre qui affecte le pays et de l’embargo imposé par les puissances occidentales, la population souffre de différents types de rationnement. « Les pénuries de fuel, de gaz domestique et de courant électrique font plonger surtout les plus fragiles, enfants, malades et personnes âgées, dans l’obscurité et le froid meurtrier », déplore Mgr Nassar. Selon lui, le maintien des projets d’aide humanitaire dans le pays est menacé. 


Un chemin de croix avant la Semaine Sainte 

« Par exemple, le gaz s’obtient contre des bons. Il n’y a qu’une bonbonne par mois et par famille », explique Sœur Maria Lúcia, de la Congrégation des Sœurs de l’Unité à Antioche. Elle pointe le doigt sur la pénurie de combustible pour chauffer les maisons, les problèmes d’électricité quasi-quotidiens et la baisse de la valeur de l’argent. Elle ajoute que la situation est si grave que « l’on peut à peine s’acheter à manger. » Ceux qui arrivent en dernier repartent les mains vides...

La religieuse estime que la crise au Liban voisin est l’une des causes de cette situation. Une grande aide financière arrivait du Liban, ce qui est maintenant impossible. Mgr Nassar confirme que la crise bancaire qui sévit au Liban cause de sérieuses difficultés à l’aide humanitaire fournie à la Syrie par les différents pays du monde. Ce que l’archevêque appelle la « route de Simon de Cyrène », la route de la solidarité avec celui qui porte la croix, a été bloquée sans compassion et cause une totale aggravation. 

Selon le prélat, cette nouvelle situation a également appauvri l’Église, qui devient un « mur des lamentations. On y vient pour pleurer, crier au secours, chercher sans bruit et dans le silence une consolation, et vivre la passion du Christ avant la Semaine Sainte. » 

Interview réalisée par l'AED en janvier 2020