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Soudan du Sud : Sœur Veronika Rackova  



Sœur Veronika Teresia Rackova, Missionnaire du Saint-Esprit, était médecin et directrice du Centre médical Saint Bakhita à Yei. Le 16 mai 2016, elle a été arrêtée à un barrage routier monté par l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS), l’ancien mouvement de guérilla qui a finalement pris le pouvoir après l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Elle conduisait une ambulance, emmenant à l’hôpital une femme enceinte sur le point d’accoucher, lorsqu’on lui a tiré dessus. Elle est décédée quatre jours plus tard, le 20 mai 2016, des suites de ses blessures. 

Âgée de 58 ans et originaire de Slovaquie, Sœur Veronika avait consacré sa vie au service des plus pauvres et des plus nécessiteux. Elle est devenue missionnaire médicale afin de partager avec les autres son amour pour la vie. Elle connaissait bien le risque qu’elle prenait, en vivant et travaillant au Soudan du Sud. Et elle a donné sa vie au service de la vie. 

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Action de l'AED : Le Soudan du Sud a souffert d’une succession interminable de guerres. L’Église dans ce pays a besoin de notre soutien. C’est pourquoi l’AED contribue à différents programmes pour la santé, l’éducation, la pastorale et la prévention de la faim, dont celui dirigé par les missionnaires comboniens dans la paroisse de la Sainte-Croix à Yirol dans le diocèse de Rumbek, dans le centre du pays, à environ 320 kilomètres de la capitale Juba.

Formation d’un nouveau gouvernement


Le chef rebelle Riek Machar est redevenu vice-président, samedi 22 février, à Juba, au côté de son rival, le président Salva Kiir. 


Un jeune État, lourdement meurtri 

Le 9 juillet 2011 a été proclamée officiellement l’indépendance du Soudan du Sud, après des décennies de persécutions. Pourtant, ce 52e pays d’Afrique a sombré dans une guerre civile deux ans plus tard, en 2013. Une situation qui ravage le pays depuis plus de six ans. 

Le bilan humain de ce conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, est l’un des pires de la décennie écoulée, toutes guerres confondues. Il avoisine les 400 000 morts, selon l’ONU, tandis que plus de quatre millions de Sud-soudanais – près d’un tiers de la population – ont été forcés de quitter leur foyer. 

Cette situation est principalement due à la rivalité entre deux hommes, autrefois alliés : le président Salva Kiir, de l’ethnie Dinka (la plus importante du pays), et son ancien vice-président, Riek Machar, chef rebelle de l’ethnie Nuer. 


Des défis à relever

Le 17 décembre dernier, les deux hommes se sont rencontrés à Juba, la capitale du pays, et se sont engagés, une fois encore, à former un gouvernement d’union nationale avant la fin février. Et, effectivement, la cérémonie d’intronisation de Riek Machar comme premier vice-président du Soudan du Sud – reportée en mai puis en novembre 2019 – a eu lieu samedi 22 février, au palais présidentiel à Juba. C’est un événement qui a longtemps semblé irréalisable et que seuls des compromis de dernière minute, sous la pression régionale et internationale, ont rendu possible. Le dirigeant du principal groupe d’opposition a rejoint son rival de longue date, le président Salva Kiir, au sommet d’un gouvernement d’unité nationale de transition, comme prévu par l’accord de paix de 2018.

La tâche de ce nouveau gouvernement n’est pas mince : pendant les trois années de la transition qui débute, il doit finir d’unifier les forces armées, endiguer la crise humanitaire, tenter de développer l’économie et rédiger la constitution permanente du pays. Cette transition devra se conclure par des élections. Le tout s’annonce difficile, même si les espoirs d’une paix durable ont été ressuscités par l’intronisation de Riek Machar. 


Une paix possible ?  

Avec cinq vice-présidents et 35 ministères, « c’est un gros gouvernement et la question est de savoir s’il y a aura les ressources suffisantes pour le faire fonctionner », analyse Thomson Fontaine, de la commission RJMEC, en charge de superviser la mise en œuvre de l’accord de paix. Le gouvernement d’unité devra en priorité compléter la formation des forces armées unifiées, afin que les troupes ne répondent plus qu’à une seule chaîne de commandement, minimisant ainsi les risques de nouveaux combats internes à l’armée. M. Fontaine se montre persuadé qu’ « une unification de l’armée est le meilleur espoir d’avoir une paix durable » au Soudan du Sud. 

Les jours qui viennent sont l’occasion d’un premier test, les partenaires devant s’entendre sur la répartition des postes ministériels et parlementaires. Et ce partage se révèle laborieux, comme on pouvait s’en douter. Un premier blocage est survenu lorsque le SPLM-IO (Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition) de Riek Machar a reproché au président Salva Kiir de vouloir récupérer les ministères principaux : Défense, Intérieur, Pétrole, Finance. Après plusieurs jours de débat, le pouvoir et son principal opposant se sont finalement mis d’accord. Comme prévu, le SPLM-IO aura neuf portefeuilles ; il affirme même avoir récupéré ceux du Pétrole et de la Défense. 

« C’était une bataille très intense, mais finalement nous l’avons obtenue », confie un proche de Riek Machar, ajoutant que le mouvement rebelle souhaitait refondre l’armée pour que les scénarios de 2013 et 2016, lorsque la guerre avait repris, ne se répètent pas. « On veut une division équitable, pour que les réformes soient réalisables. » 

Sources : RFI (mars 2020), Le Monde (février 2020) et La Croix (décembre 2019)