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Somalie : Sœur Leonella Sgorbati  



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Le 17 septembre 2006, Sœur Leonella Sgorbati, des Missionnaires de la Consolata, a été assassinée par deux hommes, alors qu’elle marchait dans une rue de Mogadiscio, la capitale somalienne. Elle revenait de l’hôpital local pour enfants où elle travaillait comme infirmière, formant dans le même temps d’autres jeunes à faire ce travail. 

Ses derniers mots avant de mourir étaient : « Pardonnez, pardonnez, pardonnez. »

Mohamed Mahamud, musulman et père de quatre enfants, qui l’accompagnait ce jour-là, a tenté de se placer entre elle et les balles. Lui aussi a été tué, donnant sa vie en essayant de défendre la religieuse.

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Action de Carême : La Somalie est l’un des pays où les chrétiens sont les plus persécutés. Ils sont forcés de vivre leur foi en secret. Il existe de nombreux groupes terroristes islamistes dans le pays. Parfois, la meilleure et voire la seule façon d’aider nos frères et sœurs persécutés est de se souvenir de leurs intentions dans nos prières quotidiennes.

La division politique en Somalie


Le pays est plongé dans un cycle de violences, dont il peine à s’extirper. Divers clans se battent pour le contrôle du territoire. Parmi eux, de nombreux groupes islamistes somaliens, dont l’Union des tribunaux islamiques (UTI). Sa branche jeunesse, « Al-Shebab », est particulièrement rigoriste. La mouvance, fondée dans les années 2000 par Aden Hashi Farah Ayro, souhaite un État régi par la charia. Très vite, le groupe a gagné en influence et est parvenu à prendre le contrôle de plusieurs régions de la Somalie, le centre et le sud notamment. Ces vastes zones rurales sont devenues les points d’ancrage pour la préparation de leurs attaques, lesquelles sont parfois d’une grande violence (587 personnes ont perdu la vie à cause d’un camion piégé à Mogadiscio, le 14 octobre 2017). 


Un groupe islamiste virulent

Les attentats récents de Mogadiscio et de la base américaine de Simba au Kenya, les 28 décembre et 5 janvier derniers, prouvent que le pouvoir de nuisance du groupe djihadiste est toujours intact. Meron Elias, chercheuse et spécialiste de la Corne de l’Afrique pour International Crisis Group, explique que « tant que la crise politique et économique n’est pas résolue dans le pays, les Shebabs ne disparaîtront pas. L’État somalien est encore trop divisé politiquement. Plus les dissentions politiques persistent, plus le terrorisme prolifère. »

En effet, rien n’a permis d’entamer les forces du groupe islamiste. Ni les 20 000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), présente dans le pays depuis 2007 (premier budget européen de soutien en faveur de la paix, avec notamment 420 millions d’euros pour 2019-2020), ni l’intensification des frappes américaines. D’autant que les programmes internationaux visant à réformer la police et l’armée somaliennes depuis dix ans se sont soldés par un échec. « Les forces de l’ordre sont divisées et dénuées de loyauté envers l’État », relève Robert Kluijver, spécialiste de la Somalie au Centre de recherches internationales (CERI). 


La justice d'État jugée corrompue 

Et si la population vit avec effroi les attaques meurtrières, elle reconnaît une certaine capacité aux insurgés à maintenir l’ordre et la justice. « Il est fréquent que, pour régler leurs différends, les habitants s’adressent aux Chebabs qu’ils jugent moins corrompus que la justice officielle et dont ils respectent les jugements, même s’ils rejettent leur idéologie islamiste trop radicale », explique Robert Kluijver.

Sources : Le Point et La Croix (janvier 2020)