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Au Rwanda avec Sœur Cécilia



« Je suis sœur Cécilia, j’ai 49 ans, j'ai trois sœurs et un frère. Tous les membres de ma famille n’ont pas été aussi heureux que moi quand j’ai décidé de devenir religieuse - en particulier parce que j'avais un travail que je devais quitter… Mais je vois ces difficultés comme un moyen d’éprouver ma vocation et de rendre mon choix plus fort. J’ai décidé de rejoindre les Sœurs Pallottines parce que j’ai pu voir leur engagement comme sœurs missionnaires et leur compassion pour les pauvres. La vie de saint Vincent Pallotti m’impressionnait beaucoup. Ce qui me touchait particulièrement, c’est qu’il ne limitait jamais l’aide qu’il apportait aux gens. C'était un moyen pour moi de remercier Dieu, d'offrir ma vie pour les autres.
J’aime trouver du temps pour la prière, et je suis aussi très heureuse dans les moments où je peux aider les gens, surtout quand ils changent complètement de vie matériellement ou spirituellement, pour un meilleur avenir. Je suis très heureuse dans ces moments-là
J'aurais pu donner ma vie de différentes manières, j'aurais pu fonder ma propre famille et avoir des enfants, mais cela m’a rendu heureuse de n'avoir aucune limite dans mon amour envers tout le monde. Je me sens libre d'aider et d'aimer tout le monde. Ma famille, c’est la communauté entière.
Je médite une phrase du deuxième chapitre du prophète Osées : “ Et je te fiancerai à moi pour toujours". Je suis choisie par Dieu et je suis toujours par lui et pour lui. Saint Vincent Pallotti a écrit une phrase qui m'aide dans mes prières : « L’amour du Christ nous presse ». Lorsque vous avez de l'amour, vous ne pouvez pas être fatigué, vous êtes heureux de donner ce que vous avez reçu.

Mission des Sœurs Pallotines, Kigali
"Les sœurs de Masaka travaillent au centre de santé, d’autres enseignent dans le secondaire et le primaire. Nous sommes aussi actives à la maternelle et nous aidons les orphelins et les pauvres. Nous visitons aussi les personnes âgées. Nous leur apportons la communion, et parfois aussi de la nourriture. Et nous faisons encore beaucoup d'autres choses. Nous devons répondre à tous les besoins. Nous savons que si nous n'avons rien à leur donner, les personnes âgées, les malades et les pauvres restent seuls à la maison; il n'y a personne pour passer du temps avec eux. Si notre maison n’avait pas la possibilité d’accueillir, nous ne pourrions pas résoudre leurs problèmes.
L'autre difficulté est le manque de personnel, comme dans le centre de santé ; notre sœur y travaille seule jusqu'à maintenant. Il y a tellement de défis dans le centre de santé que des sœurs sont tombées malades à cause du stress causé par les difficultés, les obligations et les problèmes.
“Le conseil que j’aimerai donner aux gens est “de s'aimer les uns les autres”, c'est le plus important. Si nous aimons les autres comme Jésus nous aime, nous n'aurions pas plus de guerre dans nos pays. Si vous aimez votre voisin, vous ne pouvez pas le tuer. Si tu as quelque chose à manger partage-le... c'est cela l'amour. Ensuite, nous pouvons aider les malades et les pauvres. Ce qui est le plus important pour être libre et heureux… c'est d'aimer !
En Afrique, auparavant, il y avait de grandes familles. Aujourd’hui les choses changent au Rwanda. Certaines personnes âgées restent seules parce que leurs enfants partent vivre en ville (Kigali) et achètent ici une petite maison pour eux. Parfois ils viennent pour les chercher. Alors les choses changent. Dans certaines familles, vous pouvez voir les petits-enfants vivant avec les personnes âgées alors que dans d’autres familles ils restent seuls. Les enfants ne viennent que parfois pour leur donner quelque chose. Mais il y a aussi des personnes âgées seules parce que leurs enfants ont été tués pendant le génocide. C’est aussi une raison courante. Certaines femmes restent seules avec leurs enfants, car les hommes ont quitté la famille. Il y a moins de familles dans ce cas-là. Mais nous subissons les conséquences de la guerre. Depuis le génocide, certains hommes ont grandi comme orphelins sans leurs parents. Ils n’ont pas de famille ni d’éducation. C'est les conséquences de ce traumatisme. Ils sont mariés mais ils ne sont pas assez forts pour gérer leurs problèmes.
Aujourd'hui, dans de nombreuses familles, l'éducation n'est pas bonne. Les parents sont là mais à cause de la guerre, ils ne peuvent pas donner une véritable éducation. Nous essayons de donner une bonne éducation aux enfants. Nous demandons à certaines personnes d’organiser des réunions avec les parents. Mais ceux ci doivent également parler avec eux et les soutenir, même psychologiquement, c’est important. Quand les enfants ont des problèmes, nous demandons aux parents ce qu’ils savent. Et nous pouvons voir que beaucoup de problèmes viennent de la famille, parce que les parents ne sont pas unis.
«Le pardon et la réconciliation sont toujours très importants. L’Église continue d’organiser des programmes pour aider les gens dans ce domaine indispensable. ●

Témoignages:
"Les sœurs nous aident, quand nous avons un problème, elles sont toujours là. Elles se soucient de nous, elles viennent nous rendre visite et nous montre leur amour. Elles nous aident matériellement et spirituellement. Elles nous donnent aussi des conseils. Les sœurs Pallottines s'occupent des enfants de l'école. Enfin, dans le centre de santé, même si nous n’avons pas d’argent, elles nous soignent. Si elles n’étaient pas là, il nous manquerait tout. Les sœurs sont très importantes pour nous. Si nous allons à l’hôpital ou dans d’autres endroits pour nous faire soigner, nous avons le sentiment que nous n’existons pas, que nous ne sommes pas importants. Nous pourrions mourir en attendant un traitement et personne ne s'en souciera. Les sœurs sont différentes, elles nous expriment de l’amour dès le premier moment où nous entrons dans l’endroit."
Angeline Cabire, 57 ans, veuve et mère de 8 enfants, dont le cadet est décédé.

«Vous avez vu aujourd'hui comment ils nous aident ici dans le centre de soins. Nous sommes très impressionnés par le travail des sœurs. Si quelqu'un est envoyé chez les sœurs pour les prévenir qu'une personne est malade, celles-ci viennent directement à la maison de l’infirme. Personne ne ferait cela à part elles. Il y a un autre hôpital qui n'est pas loin de chez nous, ils pourraient nous soigner mais ils ne prennent pas soin de nous… il y a deux choses: les soins et l'aspect humain. La dimension chrétienne de l’amour…"
Mkasumi Mariana, dont 6 enfants ont survécu

«Je remercie Dieu qui vous a appelées, sœurs Pallottines ; je remercie Dieu pour votre vocation. Je remercie Dieu pour tout ce que vous faites pour nous, pour votre amour pour les pauvres et les gens dans le besoin, je vous ai vu. Je vous ai rencontré et vous êtes venu m'aider. Je ne sais pas si j’aurai survécu si les sœurs n’étaient pas ici. Elles m'aident dans tout : à trouver une maison, elles m'ont emmené à l'hôpital, elles ont emmené mes enfants à l'école et ont veillé à ce que nous ayons quelque chose à manger…. Je mourrais probablement si les sœurs n’étaient pas ici.
Je remercie tous les bienfaiteurs qui aident les sœurs car leur soutien est très utile et très important pour chacun de nous. Je vivais dans une partie du pays où l"on souffre beaucoup : Katagara, où il y avait un centre pour personnes handicapées fondé par un prêtre. J’ai déménagé à Gikondo Kigali, c’était une paroisse Pallottine. Elles sont venues me rendre visite. Je n’avais pas de maison, rien pour vivre… Mais grâce à la Providence de Dieu, je vivais non loin du couvent et elles m'ont aidé. C'était la deuxième fois. J'ai des gens pour m'aider à vivre. “

Un homme en fauteuil roulant

 Faire un don pour le Rwanda  L'AED fournira une aide aux religieuses du Rwanda, comme Sœur Cécilia.

Intention de prière : "Priez pour la réconciliation au Rwanda,  et que toutes les personnes âgées les plus faibles aient quelqu'un pour prendre soin d'elles."

Effort de la semaine : se réconcilier avec quelqu'un que l'on ne voit plus, ou œuvrer pour une réconciliation entre deux personnes.