En mars prochain, la Syrie entrera dans sa 6ème année de guerre, croulant sous le poids de ses morts par milliers, d’une économie saccagée et dépendante d’une communauté internationale versatile.


Un territoire déchiré, 25% des écoles détruites, 250 000 morts (dont 11 000 enfants), et encore plus de victimes indirectes. Dans les rues éventrées par les trous de mortier, les bâtiments criblés d’impacts de balles et d’obus témoignent de la violence des affrontements. Plus de la moitié des hôpitaux sont détruits ou gravement endommagés, environ 150 églises et 1400 mosquées ont subi le même sort. Trois millions d’enfants se retrouvent sans école.
A Alep, ville de 2,5 millions d’habitants, seuls 250 médecins sont restés sur les 6000 que comptait la ville en juin 2013. Il n’y a plus d’électricité et quasiment plus d’eau. En tout, on recense 12 millions de personnes déplacées (dont 4 millions de réfugiés et 8 millions de déplacés internes*).


Depuis début mars 2011, la République syrienne s’enlise dans une guerre de plus en plus complexe, opposant pro-régimes, rebelles et djihadistes, venus en grande partie de l’étranger - on compte une centaine de groupes d’opposition différents dont l’État Islamique, le Front Al-Nosra, Al Quaeda. En trame de fond, la lutte pour l’hégémonie au Moyen-Orient que se livrent l’Iran et l’Arabie Saoudite.

La guerre affecte l’ensemble des 22 millions d’habitants. La plupart des victimes sont musulmanes sunnites (74% de la population) ou chiites (16% de la population). Au milieu, la minorité chrétienne est prise en étau entre les groupes de djihadistes, l’armée syrienne et le conflit sunnites/chiites. Depuis le début de la guerre, leur nombre a chuté de deux tiers, représentant à peine plus de 4% de la population.


Aujourd’hui, l’État islamique contrôle la moitié du territoire et l’avenir du pays semble davantage aux mains de la communauté internationale que du président Bachar al-Assad, pourtant réélu à 88,7% des voix le 4 juin 2014. Reste à voir si les frappes russes, les interventions des récentes coalitions internationales, formées sous l’égide des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite, changeront la donne.

* UNHCR juillet 2015.
(© photo Carole Al Farah)

Grâce à vos dons, voici nos derniers projets en cours de financement :

  • Bourses pour les étudiants dans les écoles secondaires et les universités, à Alep (45 000€)
  • Soutien des élèves de l'école "Al Riaya" à Damas - 2016 (46 000€)
  • Aide aux déplacés et aux familles les plus vulnérables en Syrie (6 mois : de janvier à juin 2016, 55 000€)
  • Aide aux 500 familles à Damas et Hauran (Janvier - Juin 2016, 120 000€)
  • Soutien psychologique, éducatif, social dans la prison centrale avec les femmes et dans la prison des mineurs - 2016 (30 000€)
  • Aide d'urgence pour la Vallée des chrétiens : carburant pour 1800 familles en 2016 (99 000€)
  • Aide d'urgence à Homs et ses environs (Janvier à Juin 2016, 390 000€)
  • Aide d'urgence à 732 familles d'Alep (50 000€)
  • Cadeaux pour 232 enfants à Nebek (Deir Mar Musa) près de Homs (12 000€)
  • Aide au Centre "Le Sénevé" pour jeunes handicapés à Homs - 2016 (30 000€)
  • 6 mois d'aide pour les médicaments et opérations chirurgicales d'urgence à Alep (14 160€)
  • Aide aux 2 écoles Al-Nour et Al-Manar / 2015 - 2016 (25 000€)
  • Aide d'urgence humanitaire et sociale pour l'éparchie de Homs, Hama et Yabroud (novembre 2015 - avril 2016, villages de Quseir, Rableh, Al-Alyaat, etc : 500 000€)
  • Aide d'urgence dans la vallée des chrétiens : Marmarita, Homs (décembre 2015 - mai 2016, 400 000€)
  • Loyer pour 100 familles pendant 6 mois (40 000€)
  • Chauffage pour 600 familles en hiver 2015-2016 (48 000€)
  • Lait et couches pour 200 enfants pendant 3 mois à Lattaquié (40 000€)
  • Aide d'urgence pour les familles déplacées dans le diocèse de Homs et Hama (2015-2016, 83 300€)
  • Aide d'urgence pour les familles déplacées de Alqariatin qui ont déménagé dans la ville de Homs (Fairuzah, Zaidal, Maskanah, Al Ahalia). Octobre à décembre 2015 (50 000€)
  • Financement de l'hémodialyse à Hôpital Saint Louis à Damas pour un an (23 000€)
  • Aide d'urgence pour payer les médicaments pour les chrétiens déplacées et pauvres à Lattaquié (15 000€)

 

LE TÉMOIN :
Monseigneur Jean-Clément Jeanbart, archevêque d’Alep (SYRIE)

Depuis 2011, début de la guerre en Syrie, les événements virent au tragique.

"Aujourd’hui, les bombes tombent comme de la pluie sur les quartiers de la ville. J'ai dû quitter l'archevêché, détruit pas les obus. Ma mission a pris une nouvelle tournure. Je pleure avec les centaines de milliers de victimes sacrifiées, et je dois onsoler le Peuple de Dieu, continuer à braver la tempête, oublier mes 70 ans, courir partout pour alléger le poids des privations multiples. On cherche à nous détruire, nous cherchons à bâtir. On cherche à nous expatrier, nous luttons pour rester. Tout ce que nous attendons, c’est la paix."