Cartels de la drogue et milices armées alimentent une violence quotidienne que le processus de paix, engagé avec les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc), bien que prometteur, n’arrive pas encore à endiguer.

En 2014, la Colombie et ses 42 millions d’habitants avait recensé 127 708 victimes du conflit mêlant guérillas, bandes criminelles, mafia et anciens paramilitaires. Selon « l’Unité des victimes », entité publique colombienne créée en 2011, ce chiffre reste considérable, même s’il a diminué par rapport à  l’année  précédente  (220  000  victimes).  Le  décompte  de  930  000 homicides  depuis  les  années 60 et plus de 6 millions de personnes déplacées ne cesse donc sa progression. Or les négociations de paix entre gouvernement et Farc ne pourront pas suffire à juguler cette violence car les Forces révolutionnaires ne sont pas les seuls protagonistes des affrontements en Colombie.

Certes, depuis quelques temps, l’économie colombienne savoure une réelle croissance. Quant au président Juan Manuel Santos, connu pour sa volonté de poursuivre le dialogue avec les Farc, il a commencé un second mandat le 15 juin 2014.

Malheureusement, bon nombre de questions en suspens nuancent le bénéfice de ces indicateurs positifs : quel avenir pour ceux qui accepteraient d’abandonner les armes ? Quid des 7 201 034 victimes des conflits depuis les années 60 ? Que faire de ces quartiers délaissés par tous - y compris l’État - qui restent des zones de non-droit ?

Seule l’Église catholique s’y risque pour accompagner les victimes, aider les jeunes embrigadés dans des bandes ou pour s’élever contre les cartels de la drogue qui ne faiblissent pas tant la demande internationale fait prospérer leur commerce. L’investissement social et éducatif de l’Église lui vaut d’être reconnue comme autorité morale légitime en Colombie, pays catholique à 82%. Mais à quel prix  ?

En raison de cet engagement, le clergé représente une cible privilégiée pour les groupes armés : entre 2012 et 2014, 8 prêtres ont été tués, ce qui fait de la Colombie l’un des pays d’Amérique latine où il devient le plus dangereux d’être prêtre.

Grâce à votre don, nous pouvons soutenir les chrétiens de Colombie, merci !

Depuis plus de 50 ans, le conflit ouvert entre l’Etat colombien et la guérilla marxiste a causé la mort de plus de 200 000 personnes et le déplacement de près de 6 millions d’autres. Après plusieurs échecs, le nouveau processus de paix, engagé en 2012, semble pouvoir aboutir. L’Eglise, elle, ne participe pas officiellement aux négociations mais n’en demeure pas moins active sur le terrain. Et la population commence à croire le miracle possible.